Mardi 11 juillet, deux personnes étaient convoquées au TGI d’Aix-en-provence pour une mise en examen dans le cadre de l’affaire Lafarge, suite au désarmement en décembre dernier par 150 personnes de leur site de Bouc-bel-air l’un des plus polluants du pays.
Une conférence de presse et un rassemblement de soutien se sont tenus devant le tribunal à l’appel d’un comité de soutiens aux arrêtées et des Amies des Soulèvements de la terre PACA.
Une centaine de personnes étaient présentes dans une chaude ambiance, déterminées à montrer leur soutien aux deux convoquées tout en réaffirmant la nécessité plus générale de mouvements écologistes conséquents.
Plusieurs prises de paroles ont permis de mettre en lumière les multiples aberrations quiaccompagnent ces mises en examen. En premier lieu, M. l’une des convoquée dans cette affaire rappelle : « aujourd’hui, il me semble que c’est mon entourage familial et amical, ainsi que mes engagements, qui sont visés par une enquête dont je réfute la construction. » Elle précise également qu’elle a fait valoir son droit au silence, ne souhaitant pas participer à la fabrique « d’un récit fantasmé, pur produit de l’anti-terrorisme français ». Son intervention publique qui est aussi la « déclaration libre » qu’elle a choisit de faire à la juge est lisible dans son intégralité ici.
A ce sujet, un ancien inculpé dans l’affaire de Tarnac est intervenu pour insister sur la relation étroite entre la SDAT et la DGSI ainsi que leur rôle dans ce type d’instructions. Il apparaît que les dernières années, l’usage des lois et des moyens de l’anti-terrorisme sont de plus en plus déployés dans le cadre d’affaires de droit commun, comme celle de « l’affaire Lafarge » aujourd’hui. Parailleurs, les locaux de la Sous Direction Anti-Terroriste, service judiciaire qui a mené une grande partie de l’enquête sont situés à Levallois-Perret, soit au même endroit que ceux de la DGSI, organe du renseignement intérieur français. Cette porosité est la définition même d’une police politique : la collusion de l’opération judiciaire, censée être indépendante, avec les méthodes secrètes du renseignement.
Pour finir, tous-tes rappellent que Lafarge a été condamnée récemment pour crime contre l’humanité et que c’est bien l’activité de cette entreprise qui correspond à la définition de l’écoterrorisme.
À la suite de la comparution devant les deux juges d’instructions, la mise en examen a été actée pour les faits de destruction et dégradation par voie d’incendie en bande organisée à l’encontre de plusieurs engins de chantier appartenant à la société SAS BUESA, et d’association de malfaiteurs, le 10 décembre 2022, à Bouc Bel Air, dans les Bouches du Rhône. A l’issue de la mise en examen, les mesures de contrôle judiciaire suivantes ont été prises par les juges d’instruction :
Interdiction de paraître sur le département des Bouches du Rhône (13).
Interdiction de participer à une manifestation sur la voie publique aux abords des sites appartenant à la société LAFARGE.
Interdiction d’entrer en contact de quelques que manières que ce soit avec la deuxième personne
M. a fini sa déclaration en disant qu’elle ne pouvait qu’appeler aujourd’hui à continuer de lutter.
